Comment rebondir après un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)

Comment rebondir après un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)

En 2013, 756 Plans de Sauvegarde de l’Emploi ont été mis en œuvre en France (source Dares).Les PSE peuvent comporter une large palette de mesures allant de la mobilité interne à l’encouragement à la reprise ou création d’entreprise, en passant par le reclassement externe. En 2013, 122 593 personnes ont utilisé un dispositif de reclassement: congé de reclassement ou contrat de sécurisation professionnelle. Voici notre éclairage sur les interlocuteurs et les moyens d’action dont disposent les salariés confrontés à un PSE.

Rôle et méthodologie des cabinets RH spécialisés

Lors de la mise en place du PSE, l’entreprise peut choisir de faire appel à un cabinet RH, qui sera chargé de la cellule de reclassement. Celle-ci peut aussi être directement sous-traitée par Pôle Emploi. Elle peut prendre diverses désignations (« antenne emploi », « point mobilité carrière »). Son rôle essentiel : être le trait d’union entre les salariés visés par le PSE et les engagements de reclassement inscrits dans ce dernier, afin de faire retrouver le chemin de l’emploi au plus grand nombre. Ses interventions se déclinent en réunions collectives, entretiens individuels ou entretiens tripartites (avec le DRH et salarié).

Le travail de la cellule de reclassement s’opère en trois phases majeures. La première phase consiste à opérer un diagnostic sur le salarié confronté au PSE. L’outil essentiel de ce diagnostic est le bilan de compétences, ou bilan professionnel. Il permet au salarié de faire un point approfondi sur lui-même, ses compétences, ses savoir-faire et ses envies. C’est l’occasion de prendre du recul sur le cheminement professionnel parcouru jusque-là pour être conforté dans les choix opérés ou, au contraire, opter pour un changement de domaine d’activité, voire une reconversion professionnelle. Selon le président d’Anveol, le bilan de compétences est d’autant plus capital pour les salariés, que le marché de l’emploi est désormais caractérisé par des cycles économiques très courts. Les capacités de remise à niveau, d’adaptation et de reconversion sont maintenant des enjeux majeurs pour qui veut rester en phase avec le marché.

La deuxième phase de l’intervention consiste à identifier clairement le nouveau projet professionnel et à valider sa faisabilité. L’expertise du cabinet RH est déterminante car elle permettra de valider le projet grâce à sa connaissance des métiers et du bassin d’emploi. La dernière phase est la mise en œuvre, qui doit permettre de concrétiser le projet. Le salarié va être, par exemple, incité à suivre une formation. Il peut être encouragé à participer à des ateliers thématiques (rédaction d’un CV, simulations d’entretien…). Le coaching peut aussi être utilisé pour remobiliser des salariés affectés par la perte de leur emploi.

Les clés d’un reclassement réussi

La cellule de reclassement doit susciter l’adhésion du salarié le plus tôt possible pour pouvoir réussir, comme le souligne un rapport du CESE de 2010. C’est en ce sens que les „point information conseil“ sont importants, car ils sensibilisent les salariés de manière précoce, avant même l’officialisation du PSE. Des témoignages soulignent que le salarié confronté à un PSE doit se montrer lui-même proactif en allant chercher l’information sans attendre. Il faut solliciter son CE, ses RH pour bien connaître toutes les options proposées. Outre le travail avec le consultant de la cellule de reclassement, il est nécessaire de démarcher exhaustivement les sites d’emploi sur internet, et d’activer son réseau.

La réussite du reclassement tient aussi aux facteurs locaux et aux caractéristiques du bassin d’emploi. Ainsi les salariés de Texas Instrument en 2013 ont bénéficié d’un taux de reclassement de 65 % après 6 mois, grâce au dynamisme de la technopole de Sophia Antipolis. La spécificité du savoir-faire est aussi déterminante. Une partie des très médiatisées salariées de Lejaby à Yssingeaux ont pu continuer leur activité et capitaliser sur leurs compétences pointues dans différents ateliers de couture de luxe.

Les obstacles au reclassement

Le reclassement interne ou externe de salariés concernés par un PSE s’avère parfois problématique. Selon une enquête de BPI en 2013, le reclassement interne peut dans certains cas être mal vécu par le salarié ou par son équipe d’accueil, et être un facteur démotivant.
Il existe aussi de nombreux freins au reclassement externe, comme la précarité sociale. Des salariés en situation sociale difficile ont plus de mal à accepter la mobilité géographique, ou la mobilité professionnelle vers un emploi moins bien rémunéré. Le manque de formation des salariés est aussi un facteur aggravant. Le sort des ouvriers des abattoirs Gad semble être à la conjonction de ces différents facteurs.

Les cellules de reclassement essuient souvent le feu des critiques, en ce qu’elles ne tiennent pas les promesses du PSE. Celles-ci en retour mettent en avant la pression qui s’exerce sur elles (Challenges) par des entreprises ayant des exigences de reclassement pour leurs salariés à la hausse, mais des budgets alloués à la baisse.

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